Rencontre avec Constant Formé-Bècherat, un photographe qui n’a pas froid aux yeux

Aujourd’hui, c’est avec grand plaisir qu’on vous parle de Constant Formé-Bècherat, au talent pour le moins prometteur. Il a choisi la fin de l’hiver pour se rendre en Islande, et est revenu en France avec une série de superbes photos, parfois troublantes, parfois saisissantes. On a eu envie d’en savoir un peu plus.

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 Vous nous parlez de vous ?
« Je m’appelle Constant, j’ai 25 ans, je suis photographe… ça c’est pour la partie administrative (rires). Je photographie depuis plus de 5 ans, et je me suis vite spécialisé en photographie de concert, j’ai eu la chance de pouvoir photographier des grands noms de la scène internationale et d’avoir accès aux coulisses de certains spectacles. Après un bilan de ces 2 ans, j’ai réalisé que mis à part de bonnes photos, je n’avais pas grand chose à raconter. Je voulais raconter des histoires, raconter mes photos. J’ai eu envie de sortir des salles obscures pour m’ouvrir aux grands espaces et apporter à mes photos un regard un peu plus « journalistique » ou tout du moins « introspectif ».

 

Pourquoi l’Islande ? L’Islande était la suite logique de ce changement d’identité. Les grands espaces, la nature brute et pure, la lumière naturelle, et non plus l’artificielle que l’on trouve sur scène. J’ai toujours voulu aller en Islande. Depuis des années, l’envie folle de voir ce pays me trottait dans la tête. Je n’avais jamais eu le courage de partir seul en voyage et encore moins là bas. Ce pays est impressionnant, il me laisse la sensation d’un non droit à l’erreur. Il est puissant et reposant à la fois. Je crois qu’il est la plus belle représentation de ce que peut symboliser le mot « nature ».

 

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Un endroit qui vous a particulièrement touché ici ?
C’est toujours dur de répondre quand on me pose cette question. Difficile de trouver un endroit précis alors je vais répondre un peu à côté de la question. Je dirais que ce qui m’a la plus touché, c’est avant tout les situations dans lesquelles je me suis trouvé. Souvent avec le casque sur les oreilles, je voulais voir l’Islande par moi-même. Les paysages que j’ai pu voir, combinés à la musique que j’écoutais : ce mélange parfait m’a touché. Je comprends pourquoi tant de réalisateurs veulent l’Islande comme terrain de jeu cinématographique. Jókulsarlön par exemple est magnifique à la fin de l’hiver, les icebergs sont massifs, les phoques apparaissent comme de petites tâches sombres sur ce sol de glace. Et puis, j’ai eu la chance de voir deux orques en train de chasser du poisson, au large de la petite plage de sable noir à côté de la lagune.

 

Quelque chose qui vous a fait sourire ?
Les hots dogs dans les stations services. Je n’en ai pas vu une qui n’avait pas son espace « restauration » à hots dogs. On en trouve partout, je ne pensais pas à ce point là. J’ai compris après coup que c’était un peu considéré comme le plat national. Je n’oublie pas la petite cabane de hots dogs à Reykjavik, réputée comme étant le meilleur stand d’Europe, et également connu pour avoir servi Bill Clinton.

 

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Quelque chose qui vous a surpris ?
Les énormes bus et leurs pneus gigantesques qui emmènent les touristes sur les parties fermées à la circulation ou difficiles d’accès. On les croit tout droit venus de Russie. Ils crachent leur fumée noire de leur pot d’échappement au dessus de la cabine du conducteur et filent dans un vacarme impressionnant vers les glaciers.

 

C’est comment l’Islande au coeur de l’hiver ?
C’est hostile, venteux et gris… (rires) !  Il ne fait pas très bon se balader en ville sans gants, sans protège oreilles ou bonnet, et sans un bon équipement spécial -15°C. Mais on s’y habitue au bout d’un certain temps, et je me suis même parfois surpris à marcher sans bonnet ! Quiconque aurait l’idée de traverser le pays à pied et en slip, n’irait pas très loin. Il peut faire très beau le matin, pleuvoir pendant 1h, neiger ensuite et faire beau à nouveau en soirée. Connaître les 4 saisons en 24h, ça a été le quotidien de mon séjour. Comme l’Écosse que j’ai parcouru à pied avec un ami, plus le pays est maltraité par les éléments, plus il est beau.

 

Et c’est comment de photographier l’Islande au coeur de l’hiver ?
Il faut avoir un bon appareil. Le mécanisme peut rapidement se figer avec le froid. Et si l’on se fait surprendre par la pluie, mieux vaut avoir un appareil tropicalisé ou une bonne poche plastique pour le couvrir. Il faut s’organiser pour ce genre de voyage aussi bien niveau au psychologique qu’au niveau du matériel. On y perd pas mal ses repères. Les lignes d’horizons des steppes glacées se confondent avec le ciel chargé de neige. Le plus dur était de donner un aspect graphique à mes photos. On a tendance à faire des plans grand angle pour montrer le côté impressionnant de l’endroit. Cela produit des photos très riches mais ce n’était pas ce que je recherchais. c’était dur mais je pense avoir trouvé ce que je voulais sur le moment.

 

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Une chanson que vous avez écouté en boucle pendant votre voyage ?
J’écoutais en boucle les albums de Sigur Rós. Ces morceaux me procuraient calme et apaisement. Je les trouve fidèles à l’Islande. En tout cas, fidèles à ma vision de l’Islande.

 

Vos projets pour l’avenir ?
J’ai plusieurs projets dans les cartons qui ne demandent qu’à se concrétiser. Continuer encore plus le photo-journalisme, faire la photo que j’aime. Peut être un passage vers les concerts mais seulement si je peux suivre un artiste sur une tournée. Peut être que Asgeir, Sigur Rós ou Björk me liront (rires) ! Des envies d’Afrique aussi, des projets avec des amis. Des choses plus humaines encore. Aller vers des reportages de grande envergure, ne pas avoir peur d’aller plus loin.

 

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Et alors, vous revenez bientôt ?
J’ai vraiment envie de revenir, sur une période différente peut-être. Envie de découvrir le Nord que je n’ai pas pu visiter à cause des routes gelées. Envie de rencontrer des gens qui font l’Islande aussi. J’ai vraiment envie d’y retourner oui. J’ai encore envie de planter ma tente dans les immensités de cendres et de photographier encore et toujours ce magnifique pays. J’ai fait la première expeditions en auto-financement. J’aimerais pouvoir trouver des mécènes la prochaine fois. »

 

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Vous pouvez retrouver tout le travail de Constant ici :

 

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Et si vous aussi vous avez été touché par ses photographies, vous pouvez commander les tirages de votre choix en lui envoyant simplement un email : constant@constant-photographie.com

 

À tres bientôt !
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